Il ne s'agit certes que d'un accord intérimaire. Le compromis négocié à Genève entre les représentants des «5 +1» (les cinq membres du Conseil de sécurité plus l'Allemagne) et l'Iran n'en est pas moins historique. Il prévoit notamment l'arrêt des activités d'enrichissement d'uranium à plus de 5% par la République islamique en échange d'une suspension partielle et réversible des sanctions qui étranglent son économie. «Pour la première fois en presque une décennie, nous avons arrêté les progrès du programme nucléaire iranien», s'est félicité le président Barack Obama. Le Guide iranien parle lui aussi de «succès».
Est-ce un tournant ?
Oui. D’abord, l’accord consacre la reprise de vraies négociations entre l’Iran et le groupe des «5+1», lesquelles n’existaient qu’en pointillé ou n’étaient pas suivies d’effets depuis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, en août 2005. Ensuite, il témoigne d’une décélération manifeste de la crise survenue depuis que Téhéran avait repris, en 2004-2005, ses activités d’enrichissement, obligeant alors Paris, Berlin et Londres à rompre les négociations. Depuis, cette crise était entrée dans une spirale infernale. A la montée en puissance de Téhéran sur ce dossier, qui annonçait en 2007 avoir franchi le cap de 3 000 centrifugeuses - étape symbolique permettant la fabrication d’une bombe atomique - et, en 2010, enrichir à 20%, l’ONU répliquait à partir de décembre 2006 par des sanctions, régul




