Maître de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique, Bruno Tertrais (1) revient sur l'accord signé à Genève sur le programme nucléaire iranien.
Comment jugez-vous l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien négocié à Genève ?
C’est incontestablement un bon accord. Il ne transgresse aucune des lignes rouges que les pays occidentaux s’étaient fixées lors du processus de négociation et surtout il prend en compte les grandes lignes de ce que pourrait être un accord final dans six mois. Il s’agit en quelque sorte de préliminaires destinés à établir un climat de confiance. Les «5 +1» - les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne - et l’Iran vont se tester les mois qui viennent pour parvenir à un règlement final de la question nucléaire iranienne. Ceux qui ont répété sans cesse que les sanctions ne marcheraient jamais devraient aujourd’hui faire preuve d’un peu de discrétion !
Quel a été le rôle de Paris dans ce processus ?
La France a fixé la ligne dès 2003 quand est apparue l’évidence du projet nucléaire iranien et son caractère potentiellement militaire. L’intuition de Paris consistait à dire, face à l’administration Bush : il est possible de régler une crise de prolifération sans l’usage de la force militaire mais par la négociation. Et depuis, un argument essentiel utilisé par Paris était que la fermeté, qui passait notamment par le renforcement des sanctions, permettait d’éviter des frappes israéliennes.
Sur le fond, il s’agissait de




