Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’accord de Genève. L’avenir du Moyen-Orient n’est certes pas changé mais, pour la première fois, un dialogue se noue entre l’Iran des mollahs et le reste du monde. Sur la question capitale de la prolifération nucléaire mais aussi in fine sur le rôle de Téhéran dans la région.
Bien sûr, cet accord est intérimaire, tout peut arriver en six mois et les extrémistes dans les deux camps, les durs en Iran et une coalition israélo-saoudienne soutenue par nombre de sénateurs américains, vont s’employer à tout faire échouer. Il reste que la diplomatie a triomphé pour le moment à Genève, donnant du temps au temps pour établir les bases d’un accord durable.
Les pessimistes et les va-t-en guerre, notamment à Riyad et Jérusalem, diront qu’au mieux, la course à la bombe chiite est retardée de six mois. Mais sans autre option que des frappes militaires politiquement dévastatrices et à l’efficacité discutable, il fallait donner sa chance à la diplomatie comme l’ont fait Obama et les «cinq grands» plus l’Allemagne. Il faut prendre au mot le nouveau pouvoir du président Rohani, ne serait-ce que pour tester l’équilibre des forces au sein du puzzle iranien.
Un accord définitif et vérifiable sur la prolifération nucléaire iranienne ouvre la voie à une nouvelle géopolitique régionale. Si Téhéran choisit de limiter ses ambitions atomiques, qui empoisonnent ses relations avec le reste du monde depuis dix ans, il devrait aussi modifier profondément son rôle é




