Soixante-quatre ans après la conquête du Xinjiang par les troupes communistes chinoises, Pékin doit faire face à une opposition de plus en plus violente provenant des 8 millions d'autochtones ouïghours musulmans. Cette vaste région frontalière de l'Afghanistan et du Kazakhstan a été le théâtre cette année de «plus de 190 attaques terroristes», marquant une «hausse importante» par rapport à 2011, a affirmé hier le magazine officiel Liaowang Dongfang. Le spectaculaire attentat-suicide perpétré par trois Ouïghours le 28 octobre sur la place Tiananmen, à Pékin, au pied du portrait de Mao, au cours duquel deux touristes ont été tués et 38 personnes blessées «n'est qu'un début», a menacé de son côté un leader islamiste ouïghour jusqu'alors inconnu, qui dit s'appeler Abdullah Mansour. Celui-ci se présente comme le chef d'un «Parti islamique du Turkestan oriental» dans un message audio de huit minutes en langue ouïghoure posté sur un site islamiste, a annoncé hier l'institut privé d'information sur les mouvements terroristes SITE.
Deux républiques indépendantes se sont succédé dans cette région turcophone : une République turque islamiste du Turkestan oriental (1933-34) et une République du Turkestan oriental (1944-49) prosoviétique. Mansour ne revendique pas explicitement l'attentat du 28 octobre, perpétré par un Ouïghour, son épouse et sa mère ; mais il affirme toutefois qu'il s'agit d'«u




