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Libération
Reportage

Géorgie : Staline, pope star

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Depuis la victoire électorale des populistes, l’Eglise orthodoxe monte en puissance. Trait d’union avec la Russie et pivot du nationalisme, elle soutient la réhabilitation du Petit Père des peuples, un enfant du pays.

La mort de Staline commémorée le 5 mars 2013 à Moscou. (Photo Kirill Kudryavtsev. AFP)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Akura, Telavi et Tbilissi (Géorgie)
Publié le 26/11/2013 à 18h16

La statue se dresse, martiale, devant le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale qui domine la ville de Telavi. Soixante ans après sa mort, le «généralissime» Staline, dont l’effigie avait progressivement disparu de toutes les bourgades de Géorgie, y compris, en 2010, de sa ville natale de Gori, revient subrepticement. En pied, comme à Telavi, ou en buste, comme à Akura, place forte de la Géorgie viticole, à une centaine de kilomètres de la capitale, Tbilissi.

Cette réapparition est d’abord l’œuvre des vétérans, fort âgés, qui voient en Staline le vainqueur de la Seconde Guerre mondiale. Mais elle est aussi le fruit d’un mouvement de retour à la tradition qui a émergé après la victoire des populistes du Rêve géorgien aux législatives de 2012 et qui pourrait s’accentuer avec l’élection à la présidence, le 27 octobre, du candidat de ce parti, Gueorgui Margvelachvili. La fonction était occupée depuis dix ans par le réformateur pro-occidental Mikhaïl Saakachvili.

A Akura, les vignerons, qui viennent d'achever leurs vendanges, se retrouvent le soir dans le petit parc du centre-ville où Staline a élu domicile avec l'accord tacite de la mairie. «C'est l'homme qui a fait trembler le monde entier, dit Kakha, un jeune paysan qui, bonnet sur la tête et cigarette au bec, essaie d'expliquer son admiration pour l'ancien dictateur soviétique responsable de millions de morts. Et puis, il était religieux. Pas comme Saakachvili qui a voulu nous enlever nos traditions.»

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