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Interview

Ukraine : «Le modèle des jeunes, c’est l’Europe»

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Les manifestants ne se reconnaissent pas dans le président, explique Marie Mendras, spécialiste de l’ex-URSS.

Ils étaient 100 000, dimanche, à manifester dans la capitale. La foule tente de prendre d'assaut l'administration présidentielle, les coups de matraques pleuvent. (Photo Gleb Garanich. Reuters)
Publié le 03/12/2013 à 20h46

Chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri), Marie Mendras enseigne à Sciences-Po. Elle revient de Vilnius, où le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a déçu les espoirs du sommet du Partenariat oriental de l'Union européenne de voir Kiev se rapprocher économiquement de l'Europe. En marge, la Lituanie, qui préside actuellement l'UE, avait organisé une grande conférence avec des personnalités politiques, des analystes et les principaux leaders de l'opposition ukrainienne, aujourd'hui dans la rue avec des milliers de manifestants (lire ci-contre).

Quel est le fond de cette révolte ?

La décision arbitraire de Viktor Ianoukovitch de tourner le dos à l'Europe. En 2004 , la contestation s'est produite quand le régime de Leonid Koutchma a voulu faire passer ce même Ianoukovitch à la présidence en manipulant l'élection. Aujourd'hui, il n'y a pas eu d'élection. La dernière présidentielle date de début 2010, la prochaine aura lieu en 2015. C'est une des raisons pour lesquelles Ianoukovitch n'a pas voulu se lier à l'Union européenne. Il a besoin de l'argent russe pour se faire réélire, et utilisera au besoin la fraude comme en 2004, pense-t-il. Le déclencheur de la contestation d'aujourd'hui n'est pas la fraude électorale, mais les mensonges de Ianoukovitch qui, après avoir fait croire qu'il allait signer un accord avec l'UE, a fait volte-face il y a quinze

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