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Décryptage

Arafat, une mort empoisonnante

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En 2004, quand le chef historique palestinien meurt, la rumeur d'un assassinat est lancée. De nouvelles analyses écartent aujourd'hui la piste du polonium sans lever le mystère.

Réunion à Ramallah pour le neuvième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, le 11 novembre 2013. (Photo Ammar Awad. Reuters)
Publié le 04/12/2013 à 17h01

Saura-t-on un jour ce qui a tué Yasser Arafat ? Mort naturelle ou empoisonnement au polonium ? Neuf ans après la mort du leader palestinien en novembre 2004 dans un hôpital militaire français, l’incertitude demeure. Mardi, on apprenait que les experts mandatés par la justice française écartent la thèse d’un empoisonnement. Ce nouvel élément, important, ne suffit pour autant pas à clore le dossier, dont l’instruction est toujours en cours.

D’où vient la rumeur ?

La thèse d'un empoisonnement est née avant même la mort de Yasser Arafat. Le 12 octobre 2004, le raïs souffre de maux de ventre après avoir dîné dans la Mouqataa, le siège de l'autorité palestinienne à Ramallah, où il vit reclus depuis trois ans, encerclé par les Israéliens. Rien de vraiment anormal, surtout à 75 ans. Mais, durant deux semaines, il vomit et souffre de diarrhée aiguë. Le 28 octobre, l'un de ses médecins traitants déclare à l'AFP que ces troubles pourraient être dus «à une infection d'origine virale, à un cancer ou à un empoisonnement sanguin». Transféré en France pour y être hospitalisé, Yasser Arafat meurt d'une hémorragie cérébrale le 11 novembre  à l'hôpital militaire de Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Sa veuve refuse qu'une autopsie soit réalisée, ce qui aura des conséquences pour la suite.

La rumeur d'une mort suspecte explose, ce qui n'a rien de très étonnant dans le climat de suspicion généralisé au Moyen-Orient. La thèse de l'empoisonnement se nourrit de l'absence de démenti des médecins, tenus p

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