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EDITORIAL

Père

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Publié le 08/12/2013 à 21h16

A la fin du procès où il fut condamné à la prison à vie, en 1964, Nelson Mandela expliquait : «J'ai combattu la domination blanche, j'ai combattu la domination noire. Mon idéal est une société libre et démocratique où tout le monde vit en harmonie et avec les mêmes chances.» Président de ce pays arc-en-ciel, il a tenu cette promesse. Même retiré de la vie publique depuis une décennie, il est resté le père de la nation et, comme un père, il savait rappeler à l'ordre ses successeurs ou ses pairs africains égarés. Révélant que l'un de ses fils, Makgatho, était porteur du virus du sida lorsque le président Mbeki dérapait sur les raisons et l'ampleur de la pandémie dans son pays. Critiquant Mugabé, héros déchu de l'indépendance du Zimbabwe voisin. Empêchant plusieurs fois que son pays fragile et recomposé n'explose. Aujourd'hui, l'Afrique du Sud mais aussi le reste du monde sont orphelins. Les Africains ont perdu cette immense voix que ni les combats, ni la prison, ni le pouvoir n'avaient corrompue. Mandela avait redonné espoir et dignité à tout un continent aujourd'hui encore divisé, infecté par son histoire coloniale, incapable de combattre seul ses démons comme on le voit au Mali ou en Centrafrique. Sa voix portait parce que Mandela voulait un monde au-delà des races, des couleurs ou des genres. Un monde où l'on n'est pas un Blanc sud-africain ou un Noir sud-africain, mais un Sud-Africain. Une seule nation, un seul peuple, une seule famille. Cette leçon pour l'Afrique

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