La Centrafrique n'est pas le Mali. En lançant l'opération Sangaris la semaine dernière, la France a affiché son intention de rétablir l'ordre pour mieux enclencher un processus démocratique, comme elle l'a fait au Sahel. Mais les premiers jours de l'intervention à Bangui montrent que la mission sera périlleuse. Le chef de l'Etat a certes eu raison de déployer les troupes françaises pour mettre fin aux massacres qui ensanglantent depuis des mois ce pays exsangue. Toutefois, face à un «Etat néant», comme l'a dit Laurent Fabius, la marge de manœuvre est réduite. Le seul désarmement des milices dans les rues fait courir le risque de règlements de comptes à répétition, sur fond de divisions religieuses. A Bangui, ville sous tension permanente, Paris n'a pas d'interlocuteur, si ce n'est un homme porté au pouvoir par un coup d'Etat et qui est appelé à s'éclipser pour permettre des élections et la restauration hypothétique d'un pouvoir centrafricain en instabilité chronique depuis l'indépendance. Une nouvelle fois, François Hollande se trouve dans la posture inconfortable du gendarme forcé de l'Afrique, formulant inlassablement le vœu pieu d'un continent censé parvenir un jour à assurer lui-même sa sécurité. La solution passe obligatoirement par un engagement plus grand de la communauté internationale, de l'ONU à l'Union européenne, et par le déploiement d'une force africaine capable. Sans cela, Paris risque de traîner encore longtemps le boulet de son héritage postcolonial
EDITORIAL
Boulet
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Publié le 10/12/2013 à 21h16
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