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Hon Lik, vapeur sous pression

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Rencontre avec ce Mandchou inventeur de la cigarette électronique, à l’heure où la justice française semble vouloir protéger les buralistes.

Han Li, le 16 octobre à Hong Kong. (Photo Rensis Ho)
Publié le 11/12/2013 à 17h06

A l'entrée de son bureau de Pékin, une pancarte «no smoking» accueille les visiteurs. Mais le voilà qui nous reçoit avec un air malin, en tirant des bouffées translucides des embouts de ses inventions : une cigarette et une pipe électroniques. «Je penche en général pour la pipe, plus pratique», prescrit le précurseur de la désormais célèbre vaporette, qui se vend à des millions d'exemplaires dans le monde. C'est ce musulman de Mandchourie que les nouveaux adeptes de la vapeur nicotinique doivent remercier de les avoir libérés des nuisibles paquets de clopes.

De derrière un gros sofa doré bien clinquant meublant son bureau, Hon Lik extrait un sac en plastique froissé. Il en sort un petit cylindre métallique, relié par des fils électriques multicolores à un circuit imprimé grand comme la main, hérissé de circuits intégrés et de composants électroniques. Il a lui même raccordé les connexions au fer à souder. «Ce prototype m'a servi à tester tous les paramètres, de la longueur d'une bouffée, en passant par le volume de vapeur de nicotine, la température de la résistance chauffante, l'intensité et le voltage… N'oubliez pas que je partais de zéro et qu'il fallait tout expérimenter.» C'était en 2003. Hon Lik, qui fut son propre cobaye, consommait alors deux paquets de cigarettes par jour. «Je sentais que le tabac me minait irrémédiablement la santé.» Son père, qui fut cadre d'une commune populaire de Shenyang (au nord-est du pays, ex-Mandchourie), a succom

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