La question du nucléaire - civil et militaire - en Iran remonte à l'époque du chah. Une volonté de puissance relativement admise par les Occidentaux, à une époque où le régime iranien incarnait un «allié stratégique» dans une «région stratégique» pour l'exploitation et l'exportation des hydrocarbures. Les Etats-Unis avaient érigé le régime du chah en gendarme du Moyen-Orient, aux côtés de son binôme israélien, en vue d'assurer la sécurité du golfe arabo-persique et le containment de la puissance soviétique. Une telle ambition nucléaire prend un tout autre sens avec la révolution islamique et l'avènement du régime des mollahs en 1979. La rupture avec le «Grand Satan» américain est automatiquement consommée. En s'autoproclamant «défenseur de tous les musulmans», l'ayatollah Khomeiny opte d'emblée pour une «influence hégémonique» de la révolution islamique, véritable produit idéologique d'exportation. Parallèlement, des alliances stratégiques sont nouées, dès 1982, avec les chiites alaouites au pouvoir en Syrie et avec les chiites libanais du Hezbollah. Toutefois, la question de l'arme atomique ne refait surface qu'avec la première guerre du Golfe (1980-1988), conflit au cours duquel l'Iran a dû faire face à l'utilisation des armes chimiques par le régime de Saddam Hussein soutenu à l'époque par l'Occident et les monarchies du Golfe. A la faveur de la deuxième guerre du Golfe (1991), les Etats-Unis, soutenu
tribune
Iran, plus qu’un accord, un tournant ?
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ParBéligh Nabli
Directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), enseigne les relations internationales à Sciences-Po Paris
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William Leday
Responsable du pôle international de Terra Nova, enseigne les relations internationales à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Publié le 11/12/2013 à 17h06
Derrière les avancées sur le dossier nucléaire, l’accord entre l’Iran et le groupe des six puissances porte en lui les germes d’une «rupture stratégique». Outre sa force symbolique, cet accord s’avère historique car il ouvre un nouveau champ des possibles : il laisse entrevoir une éventuelle reconfiguration des relations Iran - Occident, et par suite une recomposition de la géopolitique du Golfe et du Moyen-Orient.
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