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«En Ukraine, on n'a pas les moyens de masser les vaches»

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Rencontre avec des partisans du président Ianoukovitch venus par milliers ce week-end à Kiev pour s'opposer à l'adhésion à l'Union européenne.

Des partisans du président Viktor Ianoukovitch, dimanche 15 décebre, par Marinskii, à Kiev. (Photo Marco Djurca. Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
(envoyée spéciale à Kiev)
Publié le 16/12/2013 à 13h11

Ce week-end, le président Viktor Ianoukovitch, qui après avoir promis l’Europe aux Ukrainiens, vient de choisir de se tourner vers la Russie, a voulu montrer qu’il avait lui aussi de nombreux partisans. Venus par cars et en train de l’est et du sud du pays, escortés par le Parti des régions voire par leurs entreprises, des milliers d’entre eux se sont retrouvés à Kiev.

Samedi sur la place de l’Europe, à 200 mètres à peine du rassemblement des proeuropéens (sur Maïdan Nezalejnosti, la place de l’Indépendance, qu’on n’appelle plus que «le Maïdan»), et dimanche dans le parc Marinskii, en face du siège du gouvernement. Les pro-Ianoukovitch sont peu nombreux à Kiev – la capitale avait à 70% voté pour l’opposition lors de la présidentielle de 2010.

«Foreigners, go home»

Les partisans du président, la plupart russophones, étaient entre 20 000 et 30 000 personnes. Comme les proeuropéens, ils ont dressé leurs tentes dans le parc, mais ils se sont nourris auprès de cantines roulantes kaki généreusement fournies par l'armée. Tous les discours prononcés samedi sur la place de l'Europe par des représentants du parti du président l'ont été en russe – sur le Maïdan, les discours se font en ukrainien, à de rares exceptions près. Les mots d'ordre se radicalisent dans le camp présidentiel : ils deviennent de plus en plus xénophobes et anti-Occidentaux. On a vu des «Foreigners, go home» sur les banderoles. Les discours dénonçant une «intervention étrangère» ou

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