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Interview

«Poutine n’est pas toute la Russie»

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Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée :

Publié le 19/12/2013 à 21h06

Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, analyse les enjeux pour l’UE de la crise ukrainienne et des relations avec la Russie.

Comment interprétez-vous l’annonce de Vladimir Poutine ?

Je pense que ce geste est avant tout symbolique à quelques semaines des JO de Sotchi. C’est un signe d’apaisement à l’égard de ses propres contestations internes, mais aussi en direction de la communauté internationale. Il faut voir s’il sera suivi d’autres signes. Je pense en particulier à la loi d’amnistie, votée par la Douma, qui devrait probablement concerner les membres des Pussy Riot ou de Greenpeace.

Concernant l’Ukraine, pourquoi les Vingt-Huit ont-ils tant de mal à trouver une vraie position commune ?

La véritable raison est en fait l’absence d’une politique européenne vis-à-vis de la Russie. L’Union aurait dû se concerter davantage et engager le dialogue avec Moscou sur l’avenir de l’Ukraine. Il ne faut pas non plus oublier que la Russie est née à Kiev, et que les Russes ont donc une sensibilité particulière vis-à-vis de ce pays. Des maladresses ont été commises dans le passé, quand certains avaient évoqué la vocation de l’Ukraine à entrer dans l’Otan, ce qui ne pouvait que susciter l’ire de Moscou. Il en est de même quand on clame ou qu’on laisse entendre qu’un accord d’association, comme celui proposé à Kiev, donne automatiquement le droit à terme à adhérer à l’UE. Or, un accord d’association ne vaut jamais promesse d’intégration.

Au risque de décevoir les Ukrainiens ?

La politique européenne ne peut être seulement fondée sur l’élargissement, si l’on veut une Union plus intégrée. L’élargissement était aussi évident qu’indispensa

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