La spectaculaire libération de Mikhaïl Khodorkovski a été négociée en coulisse par l’ex-ministre allemand des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher. Agé de 86 ans, il avait été l’un des artisans de la chute du Mur et reste une des icônes de la politique allemande. En 2012, Genscher a rencontré Vladimir Poutine à deux reprises dans le plus grand secret, dont une fois à l’aéroport de Berlin, plaidant à chaque fois la cause de l’ancien oligarque. L’ex-chef de la diplomatie allemande a mené les négociations personnellement, tant avec Poutine qu’avec l’entourage du Président.
Dans une interview donnée au magazine Der Spiegel, Alexander Rahr, politologue et directeur de recherche du Forum germano-russe, explique que «Genscher a eu recours à des canaux secrets toujours en service» entre l'Allemagne et la Russie «à la demande des avocats de Khodorkovski». «Genscher a travaillé deux ans à ce plan. Qu'il ait réussi est un triomphe de la diplomatie secrète allemande. C'est la preuve que l'Allemagne dispose encore de canaux que n'ont ni les Britanniques ni les Américains», estime le politologue.
La députée verte Marieluise Beck, amie de longue date de Khodorkovski, a elle mis en avant le rôle personnel d'Angela Merkel. «Elle a, pendant des années, à chaque visite, toujours évoqué et évoqué encore la cause de Khodorkovski», rappelle la femme politique, pourtant généralement peu encline à ménager la chancelière. C'est de fait l'une des const




