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Récit

Erdogan fait la police dans son gouvernement

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Turquie. Après les démissions de trois ministres accusés de corruption, un vaste remaniement a eu lieu.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à Ankara le 17 septembre. (Photo Adem Altan. AFP)
Publié le 26/12/2013 à 20h36

Vacillant sous les contrecoups d'une enquête anticorruption qui éclabousse ses proches et le met directement en cause, le Premier ministre islamo-conservateur turc, Recep Tayyip Erdogan, est passé à la contre-offensive alors qu'à Istanbul, Ankara et Izmir, des milliers de manifestants exigent son départ en scandant «la corruption est partout». Après les démissions, mercredi, de trois ministres de premier plan - Intérieur, Economie, Environnement -, il a procédé en fin de soirée à un vaste remaniement dans l'urgence, remplaçant la moitié de son gouvernement et dix ministres. Il s'agit clairement d'une reprise en main de son équipe.

Au poste clé de l’Intérieur, il a nommé un fidèle parmi les fidèles, Efkan Ala, qui fut préfet de la province de Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien à majorité kurde, et occupa le poste de secrétaire général auprès du Premier ministre. Déstabilisé par ces enquêtes sur les sommets de l’Etat et de l’AKP (le parti au pouvoir depuis 2002), ébranlé par la contestation de rue du printemps en passe de se rallumer, Erdogan veut avant tout recadrer étroitement l’appareil policier.

Celui-ci est profondément infiltré par la confrérie islamiste de Fethullah Gülen, septuagénaire prédicateur réfugié en Pennsylvanie depuis 1999. Longtemps allié de l'AKP et partageant le même projet d'islamisation du pays, ce puissant réseau d'influence est désormais en guerre ouverte contre Erdogan qui, défié dans son autorité, avait tenté de remettre au p

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