C’est la neuvième personnalité libanaise ayant critiqué le régime syrien et le Hezbollah à être assassinée depuis 2005. Ancien ministre des Finances et ancien ambassadeur à Washington, Mohammad Chatah était un brillant technocrate et la tête pensante de l’entourage de l’ex-Premier ministre Saad Hariri. Il a été tué vendredi par une forte explosion dans une artère très fréquentée du centre de Beyrouth, l’une des zones les plus sécurisées de la ville. L’attentat a fait quatre autres morts et dévasté une dizaine d’immeubles. Chatah était considéré, y compris par ses adversaires, comme un homme doux, ouvert, cherchant le dialogue, et il n’exerçait aucune fonction sécuritaire. Il était aussi le représentant au Liban de Saad Hariri qui, pour des raisons de sécurité, n’y vit plus depuis 2011.
Cet attentat survient peu avant le procès de cinq militants et responsables du Hezbollah, qui doit s'ouvrir le 16 janvier près de La Haye, devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Les cinq hommes, tous en fuite, sont accusés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri. Saad Hariri a d'ailleurs clairement lié l'attentat contre Chatah à celui qui a tué son père, en février 2005. «Ceux qui ont assassiné Mohammad Chatah sont ceux-là mêmes qui ont tué Rafic Hariri et qui veulent assassiner le Liban, humilier et affaiblir l'Etat.» Il a aussi qualifié l'explosion de «nouveau message de terrorisme».
L'attentat apparaît en effet comme un défi lancé par le Hezbollah au T




