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Libération

Les Français au carrefour des haines

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Les soldats de l’opération Sangaris ont affaire à des jeunes chrétiens et musulmans décidés à en découdre.

ParThomas Hofnung
(à Bangui)
Publié le 29/12/2013 à 21h06

Au mal nommé Carrefour de la réconciliation, vers 10 h 30 hier matin, s'est déroulée une scène de la vie ordinaire à Bangui en ces temps de crise aiguë. Visiblement très en colère, une foule de jeunes venus du quartier de Boy-Rabé cherchait à traverser le rond-point, où trône une incongrue colombe de la paix, pour se rendre dans le secteur d'en face, à Miskine. «Les musulmans ont tué l'un des nôtres», dit Ludovic, 38 ans, l'un des meneurs. «Nous voulons seulement récupérer sa dépouille, pas régler nos comptes. Nous chantons l'hyme national», proclame-t-il en guise de bonne foi.

«Machettes». L'armée française ne les a pas crus sur parole, hymne national ou pas. Alertée, elle a dépêché plusieurs véhicules blindés, et des soldats de l'opération Sangaris ont rapidement pris position aux intersections des quatre avenues du carrefour. Mais comment s'interposer face à plusieurs dizaines de personnes décidées à passer coûte que coûte ? Certains de ces jeunes chrétiens ont fendu le dispositif français pour descendre vers le quartier de Miskine. A peine avaient-ils parcouru 200 mètres qu'un bruit sourd a retenti, celui d'une grenade lancée sur la foule par des inconnus. Bilan : un mort et un blessé grave, emmenés tous deux à bout de bras par leurs camarades révoltés du quartier de Boy-Rabé.

Pour éviter de nouveaux débordements, les hommes de Sangaris ont effectué plusieurs tirs de sommation. Et après quelques minutes de confusion e

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