Menu
Libération

L’Amérique se fait pincer les oreilles

Réservé aux abonnés

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 30/12/2013 à 19h06

Il a tout juste 30 ans, pas même un bac en poche, et ridiculise depuis juin la tentaculaire NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine, chargée d’espionner toutes les communications électroniques de la planète. Edward Snowden, aujourd’hui réfugié à Moscou après une étape à Hongkong, a non seulement révélé que les grandes oreilles américaines se gavent de données internet et téléphoniques privées qu’elles dérobent dans le monde entier, mais aussi qu’elles sont incapables de protéger leurs propres fichiers. L’informaticien, qui n’était qu’un consultant parmi des dizaines de milliers d’autres travaillant pour la NSA, a réussi à télécharger 1,7 million de documents à l’agence, sans que celle-ci ne détecte la fuite. Jusqu’à ce jour, Washington ne semble même pas savoir exactement ce que l’espion des espions a emporté avec lui à l’étranger.

Le fiasco vaut bien sûr pour Barack Obama lui-même : le Président a dû faire mine de tout ignorer de ces écoutes effrénées ou du fait que ses agents lui rapportaient les conversations privées d’Angela Merkel. Mais le coin de voile soulevé par Snowden pose problème à beaucoup d’autres pays, dont la France : celle-ci n’a pas su non plus se protéger des écoutes américaines, jusque dans ses ambassades à l’étranger, mais n’a pas osé protester trop fort, pour ne pas attirer l’attention sur ses propres pratiques. Après ces révélations en masse de l’année 2013, Obama a promis que des conséquences seront tirées, dès janvier 2014, pour remettre les se

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique