C'est une somme qu'a publiée l'historien Pierre Razoux, directeur de recherches à l'Institut de recherches stratégiques de l'école militaire (Irsem), sur la première guerre du Golfe (1980-1988) qui fit 680 000 morts et disparus, - 500 000 côté iranien et 180 000 côté irakien. La dernière guerre totale du XXe siècle - de très loin le conflit le plus meurtier au Moyen-Orient - éclaire les fractures actuelles, notamment syriennes, et permet de mieux comprendre la position de l'Iran sur le nucléaire, un pays marqué par les bombardements à l'arme chimique de la part de l'aviation et de l'artillerie irakiennes, dans l'indifférence de la communauté internationale. Ce livre est considérable. D'abord par le temps consacré : dix ans de travail de l'auteur, des centaines de rencontres et d'entretiens, des archives inédites, et le décryptage des fameuses bandes audio de Saddam Hussein avec son état-major. Et, pour la première fois, avec des sources iraniennes.
Razoux remonte le cours du conflit entre l’Irak baasiste, qui fera sa guerre à crédit, principalement grâce aux aides des pétromonarchies, et l’Iran de la toute jeune République islamique de Khomeiny qui, les premières années, maîtrisera les airs grâce à ses appareils américains Tomcat dotés de missiles air-sol Maverick, et ce en dépit d’une défection d’officiers fidèles au Shah. Un cours terrifiant de l’histoire qui irrigue toujours les remous géopolitiques de la région. Pour comprendre ce conflit sans vainqueur - même




