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Interview

«Se détourner de l’Europe, c’est une dégringolade»

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Viktor Iouchtchenko, président de 2005 à 2010 et vieux rival de Ianoukovitch, dénonce le choix d’une politique pro-impériale tournée vers Moscou :

Publié le 03/01/2014 à 21h16

A l'automne 2004, Viktor Iouchtchenko, le candidat pro-européen à la présidentielle contre Viktor Ianoukovitch, était l'homme à abattre pour le pouvoir ukrainien mal désoviétisé. Et tout fut fait pour l'abattre. Personne n'a oublié son visage grêlé par l'atroce empoisonnement à la dioxine dont il fut victime. Comme on n'a pas oublié non plus l'immense mouvement de sympathie dont il bénéficia et qui fut à l'origine de la révolution orange qui le porta au pouvoir. Mais la déception devait être à la mesure de l'espoir soulevé. Abandonné de tous, contraint de s'appuyer sur ses anciens ennemis contre ses anciens alliés, l'homme, qui ne franchit même pas la barre du second tour à la fin de son premier et unique mandat de président (2005-2010), sortit de la scène aussi vite qu'il y était entré. En tant qu'ancien président, il a participé à la mi-décembre à l'unique table ronde qui a réuni pouvoir et opposition pour discuter de la crise née du refus de Viktor Ianoukovitch de signer l'accord rapprochant l'Ukraine de l'Union européenne. Cet entretien avec Libération a été réalisé peu de temps après cette première tentative d'ouvrir le dialogue.

Le président Ianoukovitch peut-il céder ou non aux manifestants ?

Je crois qu'il faut encore travailler avec Ianoukovitch. Mais,qu'il faut d'abord revenir à l'essence de cette crise. Les manifestants se battent pour une nouvelle orientation politique qui s'appelle la voie européenne. Notre rêve est de retourner de l'Asie

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