«Je suis aux anges. Les gens se rebellent enfin contre ce régime de bandits, les choses commencent à bouger.» Au petit matin du 11 décembre, la journaliste ukrainienne Tetiana Tchornovol achevait, comme des milliers d'autres à Kiev, une longue nuit tendue. Les policiers avaient tenté d'évacuer les manifestants antigouvernementaux de l'Euromaidan, qui campaient sur Maidan Nezalejnosti, la place de l'Indépendance, depuis plusieurs semaines. D'une fenêtre de la Maison des syndicats, rebaptisée Quartier général de la révolution, elle contemplait la retraite des forces de l'ordre. Une victoire pour le mouvement pro-européen, auquel la journaliste s'identifiait totalement. «C'est un régime autoritaire, policier, corrompu, et à bout de souffle. L'Etat de droit, pour eux, c'est une blague. Ça ne peut pas continuer comme ça», expliquait-elle alors.
Quelques semaines plus tard, dans la nuit du 24 au 25 décembre, Tetiana Tchornovol a été victime d’une violente agression alors qu’elle rentrait vers son domicile, en périphérie de la capitale. Défigurée, souffrant de nombreuses fractures et contusions, elle est depuis en soins intensifs à la clinique Boris de Kiev.
Escalade. Dès le 25 décembre, la police a ouvert une enquête pour «acte de hooliganisme» à l'encontre de la femme de 34 ans, mère de deux enfants. Mais pour beaucoup, l'affaire est éminemment politique. Tetiana Tchornovol est en effet l'une des journalistes d'invest




