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Interview

«En Centrafrique, Paris agit dans un cadre mal conçu»

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Pour le chercheur Roland Marchal, l’opération Sangaris est marquée par «l’aveuglement».

Publié le 05/01/2014 à 21h46

Chercheur et professeur à Science-Po Paris, Roland Marchal est un spécialiste de l’Afrique de l’Est et de la Centrafrique.

Vous avez été l’un des premiers chercheurs à douter de l’analyse de Paris sur la situation en Centrafrique. Pourquoi ?

Le concept d'opération des autorités françaises était simpliste et je crois même que, parmi les militaires, certains l'ont dit mais n'ont pas été écoutés. Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans le concept du désarmement. On en est à retirer les couteaux, les lames et on a vu des femmes avec des grenades. Dès qu'il y a un peu d'agitation, le risque d'émeute grandit. A l'origine, les militaires escomptaient être plutôt une force d'appui à la Misca [la force panafricaine, ndlr] plutôt que d'être le fer de lance de l'opération. Je ne veux en rien critiquer le comportement des soldats français, mais ils agissent dans un cadre qui a été très mal conçu. Ce n'est pas une opération de maintien de l'ordre mais bien le début d'une guerre civile. On serait donc en droit d'attendre des mesures d'ordre politique qui sont totalement absentes jusqu'à aujourd'hui.

Pensez-vous que les militaires ne sont pas assez nombreux ?

N’étant pas un expert de la chose, cela m’est difficile de chiffrer, mais on évoque un millier d’hommes supplémentaires pour pallier les déficiences de la Misca et pour donner le sentiment que la France est vraiment la plus forte afin de se lancer dans des opérations de longue haleine. Or les Fran

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