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Libération

L’extension du «no média’s land»

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L’extrême violence des jihadistes envers la presse a changé le métier de reporter.

Publié le 05/01/2014 à 21h16

Aujourd’hui, sur un arc qui part de la Mauritanie, traverse le Sahel, remonte vers la Syrie et l’Irak et s’achève vers l’Afghanistan et le Pakistan, il est devenu impossible de couvrir l’information. Idem pour la Somalie et le Yémen. Les reporters qui s’y rendaient racontaient l’échec, l’égoïsme, la duplicité des puissants, parfois une lumière au fond de l’obscurité, souvent l’impuissance et fréquemment la damnation, parce que c’est la raison d’être du reporter de guerre que de raconter les monstres. C’est son poison mais aussi sa planche de salut.

Correspondant de guerre a toujours été un métier à risques. «L'avertissement que nous donnent les activistes syriens n'a pas changé : ici, il est plus dangereux de sortir avec une caméra qu'avec une kalachnikov», rapportait le journaliste de la BBC Paul Wood dans Attacks on the Press, Journalism on the World's Front Lines, publié par le collectif américain Committee to Protect Journalists (éditions Bloomberg, 2013). «La couverture des guerres civiles a toujours été une catastrophe pour les journalistes. On les a accusés d'être des espions à la solde d'un camp ou d'un autre, comme lors de la guerre d'Espagne», pour Jean-Marie Charon, sociologue des médias. Mais ce qui marque un changement radical dans le travail des reporters de guerre, ce sont les enlèvements successifs des diplomates Carton et Fontaine (1985-88), du chercheur Michel Seurat (mort en détention), des journalistes Jean-Paul Kauffmann (1985-8

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