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Reportage

Camps de rééducation : les Chinois logés à nouvelle enseigne

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Publié le 06/01/2014 à 21h36

L'Assemblée nationale populaire chinoise a annoncé fin décembre l'abolition des 250 à 300 «laodong jiaoyang» («camps de rééducation par le travail»), où sont incarcérées environ 160 000 personnes. Des millions de prisonniers politiques sont passés par ces camps de travail forcés instaurés par Mao en 1957, et nombre d'entre eux y ont laissé leur vie. Loin de désavouer ce système carcéral où la police pouvait envoyer qui bon lui semblait, les autorités ont au contraire salué sa «mission historique […] désormais achevée».

«Cette abolition est une excellente nouvelle, mais cela ne signifie pas, loin de là, la fin du goulag chinois», souligne Nicolas Bequelin, de Human Rights Watch. Car cette organisation extrajudiciaire fonctionnait parallèlement au vaste système carcéral judiciaire qui, lui, demeure intact. Appelé «laogai» («réforme par le travail»), ce goulag chinois a été simplement rebaptisé «prison» dans les années 90, sans pour autant changer de nature. Environ un million de captifs y sont soumis au travail forcé. Hormis les droits communs, «des dizaines de milliers de prisonniers d'opinion y sont enfermés», note Bequelin. Parmi eux, le Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, qui purge une peine de onze ans.

La plupart des «camps de rééducation» ne seront pas démantelés, mais verront tout simplement leur appellation modifiée. Environ 60% des détenus étaient des toxicomanes et, pour eux, rien ne change, si ce n’est que les camps seront rebaptisés «camps d

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