Il y a, d’un côté, la compassion et, de l’autre, les chiffres. L’affaire Abliazov, cet homme d’affaires kazakh dont l’extradition à la demande de l’Ukraine et de la Russie va être examinée aujourd’hui par le tribunal d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est de celles qui interpellent. Le richissime financier en fuite, accusé d’une fraude colossale de 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros) par la BTA, la banque dont il était l’actionnaire majoritaire jusqu’à sa nationalisation en février 2009, a été interpellé cet été dans le sud de la France grâce aux limiers lancés à ses trousses par ses créanciers.
La banque ayant réussi à convaincre la police française que l'homme était dangereux, des hélicoptères avaient été dépêchés pour surveiller sa capture. «En guise d'armes ou de gardes du corps, le Raid n'a rien trouvé de plus dangereux qu'un couteau de cuisine», rapporte l'avocat de sa famille, Me Peter Sahlas, du barreau de New York. Fin mai, des agents kazakhs, sur la piste de l'homme, avaient, avec la complicité de la police italienne, kidnappé et emmené de force sa femme et sa fillette de 6 ans jusqu'à un avion privé affrété par l'ambassade kazakhe qui les attendait pour repartir au pays. Laissée en liberté mais accusée de s'être fait faire illégalement un passeport kazakh, Alma Shabalayeva, l'épouse du banquier, a réussi, avec l'aide de la ministre italienne des Affaire étrangères, Emma Bonino - et grâce à l'indignation suscitée par la collaboratio




