Suscitant un rappel à l’ordre de l’Union européenne, le gouvernement turc continue à faire le ménage au sein de la police et de la justice, soupçonnées de jouer contre lui dans le scandale de corruption qui l’éclabousse. Le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, est désormais en conflit ouvert avec l’influente confrérie islamiste de Fetthulah Gülen, un imam septuagénaire réfugié aux Etats-Unis, qui fut longtemps son allié. Les «gülenistes» ont, depuis des années, largement infiltré la justice et la police.
Décret. Au lendemain d'une purge sans précédent dans les rangs des forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur, Efkan Ala, a signé hier un nouveau décret par lequel il congédie seize hauts responsables de la police, dont le chef adjoint de la sûreté nationale et ceux de métropoles clés comme Ankara, Izmir (ouest), Antalya (sud) et Diyarbakir (sud-est). Selon le comptage fait par la presse turque, cette nouvelle purge porte à plus de 700 le nombre de policiers (parmi lesquels des officiers) démis de leurs fonctions depuis la mi-décembre, dont 350 pour la seule journée de mardi à Ankara.
Dans le même temps, l'un des principaux procureurs d'Istanbul chargés de l'enquête, Zekeriya Oz, a été dessaisi et mis en disponibilité, ont rapporté les médias. Ce magistrat avait été mis en cause pendant le week-end dans les colonnes de la presse gouvernementale, qui l'avait accusé d'avoir passé des vacances en famille à Dubaï aux




