C'est un Premier ministre aux abois qui désormais fait feu de tout bois, dénonçant les «complots» de l'étranger et clamant que la Turquie est «dans une seconde guerre d'indépendance» - en référence à celle de l'après-premier conflit mondial, quand le pays résistait aux tentatives de dépeçage des Occidentaux. «Recep Tayyip Erdogan ne tente pas seulement de survivre politiquement au scandale qui l'éclabousse, mais il joue aussi là ce que sera sa vie après la politique», souligne le politologue Menderes Cinar, spécialiste de l'AKP, le Parti de la justice et du développement, au pouvoir depuis 2002.
Sa tentative de contrôle du pouvoir judiciaire avec une mise sous tutelle politique du Haut Conseil des juges et des procureurs (HSYK) n’est qu’un nouvel épisode d’un tournant autoritaire, accentué après les manifestations de rue du printemps dans la capitale comme dans les principales villes du pays. Samedi soir encore, la police réprimait violemment sur la place Taksim d’Istanbul quelques milliers de manifestants qui protestaient contre un projet de loi toujours plus liberticide sur Internet. Ce dernier bloquerait l’accès à plus de 40 000 sites web, l’utilisation de centaines de mots-clés et devrait permettre à l’autorité gouvernementale en charge des télécommunications de conserver pendant deux ans les dossiers d’activité de chaque internaute.
Collimateur. La priorité du Premier ministre reste néanmoins de paralyser le




