Le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch paraît bien décidé à écraser par la force le mouvement de contestation pro-européenne qui le défie depuis deux mois au centre de Kiev.
Les rues de la capitale ukrainienne s’embrasent et les Occidentaux poussent des cris d’orfraie sans que leurs protestations, purement verbales, ne portent.
La clé de cette crise est en fait à Moscou. Vladimir Poutine n'a jamais admis la fin de l'URSS, «la plus grande catastrophe géostratégique du XXe siècle» selon ses mots, et encore moins l'indépendance ukrainienne votée par référendum par 80% de la population il y a un peu plus de vingt ans. En outre, l'union économique euro-asiatique qu'il prône entre les ex-républiques soviétiques n'a aucun sens sans l'Ukraine.
Depuis des mois, le président russe avait accru les pressions pour que Kiev ne signe pas, fin novembre, l’accord d’association avec l’Union européenne. Ianoukovitch s’est plié à la volonté de son puissant voisin, déclenchant la contestation dans le pays, et s’inspirant directement du modèle Poutine en matière de répression. En échange, il reçut de Moscou des prêts pour aider une économie exsangue et des réductions sur le prix du gaz.
Mais la dégradation de la situation à Kiev devient de plus en plus gênante pour le Kremlin alors que dans une quinzaine de jours s'ouvrent les Jeux olympiques de Sotchi. D




