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En Libye, les armes à feu font un carton au marché noir

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ParMathieu Galtier
Envoyé spécial en Libye
Publié le 27/01/2014 à 20h46

Les étals du marché de la rue Rachid sont massés le long des trottoirs couverts. Pratique pour se protéger de la pluie et du soleil, dérangeant lorsque les oiseaux en cage piaillent ou que Hamid, sur le point de conclure une vente, sort sa botte secrète en même temps que le pistolet de sa boîte : la démonstration grandeur nature. Bras tendu vers le ciel, il tire sans sommation. Chaland sujet aux acouphènes s'abstenir. Des vieilles dames, venues s'approvisionner à la boulangerie juste à côté, sursautent, râlent à cause du bruit, puis passent leur chemin. «Le business est bon, assure Bilal. Je peux vendre plusieurs dizaines d'armes par jour. Tout le monde en veut pour se protéger.» Sur ces dires, une mère et son fils d'une douzaine d'années s'arrêtent pour se faire expliquer le maniement de l'engin. «C'est pour me protéger quand mon mari n'est pas à la maison», explique la femme.

Armes à canon court pour appâter la gent féminine, pistolets chromés pour attirer les fans de films de gangsters et fusils à pompe pour les spécialistes, l'assortiment très complet est exposé à quelques centaines de mètres de l'hôtel Corinthia, prisé des businessmen et des diplomates. Ces armes viennent de Turquie. Acheminées par bateau, elles sont récupérées au port par des grossistes qui les revendent ensuite à Hamid, Bilal et leurs collègues. Les pièces de cet arsenal sont des contrefaçons de Beretta ou de Makarov. Le pistolet semi-automatique coûte 150 dinars libyens (env

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