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Libération

Compte à rebours ukrainien

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Publié le 04/02/2014 à 17h06

Prenons le pire, qui n'est plus improbable. Mauvaise volonté, incapacité à se projeter dans l'avenir ou les deux, les parties ukrainiennes ne parviennent pas à trouver rapidement un compromis. Pouvoir et opposition ne se mettent pas d'accord, dans les jours à venir, sur l'organisation d'une présidentielle anticipée, sur le seul moyen de sortir de cette crise par le haut, et le chef de l'Etat, Viktor Ianoukovitch, se résout bientôt à proclamer une forme ou l'autre d'Etat d'urgence. Ce n'est plus improbable car l'entourage de Vladimir Poutine en est à dénoncer ouvertement un «coup d'Etat rampant à Kiev» et à appeler le président ukrainien à «mater» la contestation.

C'est d'autant moins improbable que l'état-major et le ministère de la Défense ukrainiens en sont venus à s'élever publiquement, à la veille du week-end, contre des désordres qui menaceraient, ont-ils dit, «l'intégrité territoriale» du pays et que les services spéciaux ont parallèlement annoncé l'ouverture d'une enquête contre le principal parti d'opposition pour «tentative de prise du pouvoir».

Prenons donc le pire. Le pouvoir recourt à la force ou tente de le faire et que se passe-t-il ? Le sang coule. Ce drame devient irrémédiable. Des centaines ou des milliers de personnes sont arrêtées et, si l’armée ne se fractionne pas - hypothèse qui n’est pas à écarter car tous les officiers ne sont pas favorables à ce président et moins encore à la Russie - ce pays se divise et, de fait, éclate. Le

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