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Interview

Vote suisse : «L’égoïsme économique est la principale composante de ce vote»

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Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste des populismes, y voit aussi un rejet du système.

Publié le 09/02/2014 à 21h26

Spécialiste des populismes et de l’extrême droite, Jean-Yves Camus est chercheur à l’Iris et à l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès.

Ce vote illustre-t-il une montée de la xénophobie ?

Cette votation ne parle pas seulement d'immigration, mais aussi d'Europe. Le projet concerne à la fois les demandeurs d'asile et les immigrants économiques classiques, venant de pays du Sud, mais il exprime avant tout la demande d'une partie de l'opinion suisse, qui souhaite une régulation de l'immigration européenne, au tout premier chef celle des frontaliers attirés par la prospérité économique de la confédération. En cela, il va à l'encontre des accords signés avec Bruxelles. Il ne s'agit plus simplement d'un sentiment antimusulman, comme celui qui s'était exprimé il y a quatre ans lors de la votation contre les minarets - déjà imposée par le même parti, l'UDC [Union démocratique du centre, ndlr],une force clairement populiste. A l'époque, le vote exprimait le rejet d'une altérité culturelle. Cette fois, le rejet porte sur des gens très proches culturellement, parlant la même langue, comme les Italiens s'installant dans le Tessin et les Français venant travailler à Genève ou dans les autres cantons francophones. Ce phénomène était déjà sensible lors des élections cantonales de 2013 avec la percée du Mouvement Citoyens genevois, qui souhaitait des restrictions au travail des frontaliers. L'égoïsme économique, le désir de protéger l'accès aux divers services sociaux sont les principales composantes de c

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