Les électeurs suisses ont accepté de justesse, hier, une initiative de la droite populiste qui veut mettre fin à la libre circulation des personnes avec l'Union européenne. «La Suisse autocentrée l'a emporté. Contre l'avis du gouvernement, de la plupart des partis, du patronat et des syndicats, le peuple a choisi de mettre fin à la libre circulation. C'est bien davantage qu'une gifle. L'avenir des relations avec l'Union européenne est désormais un point d'interrogation», a affirmé dimanche soir Markus Spillmann, le patron de la Neue Zürcher Zeitung, le journal le plus influent du pays.
«Tournant». Cette prise de position est à la mesure du séisme qui a secoué le pays hier à 17 h 30. Alors que les sondages indiquaient encore le contraire il y a moins d'une semaine, les électeurs de la confédération ont accepté par 50,34% des voix (et une majorité de cantons), l'initiative du parti de droite dure UDC, la première formation politique du pays, proposant la fin de «l'immigration de masse» et la réintroduction de quotas pour les ressortissants de l'Union européenne. En clair, cela revient à déchirer les accords bilatéraux péniblement négociés entre Berne et Bruxelles il y a plus d'une décennie, qui faisaient de facto de la Suisse un «29e membre» de l'UE, dont elle reprend la quasi-totalité des règles. A commencer par celle du libre accès au marché du travail pour chacun des citoyens de l'Union, un des princ




