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Interview

Marc Hecker : «Jamais les jihadistes étrangers n’ont été aussi nombreux qu’en Syrie»

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Marc Hecker, spécialiste du terrorisme à l’Ifri, analyse les profils des terroristes venus d’Occident :

Publié le 12/02/2014 à 20h56

Spécialiste du terrorisme et des questions de sécurité, Marc Hecker est chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri ).

Que représentent les étrangers venus rejoindre le jihad en Syrie ?

Le phénomène est d’une ampleur sans précédent. On évalue à 12 000 ou 13 000 les étrangers venus en Syrie pour combattre avec les groupes jihadistes. En Afghanistan, dans les années 80, il y en avait eu, selon les estimations les plus hautes, 25 000 mais sur une dizaine d’années. Il s’agissait alors de lutter contre l’occupation soviétique. Des filières spécifiques avaient été créées, donnant naissance à Al-Qaeda. Les filières du jihad depuis l’Europe occidentale ont été ensuite actives en Bosnie, en Tchétchénie et de nouveau en Afghanistan avec les talibans et Ben Laden. Il y a ensuite eu la guerre en Irak qui a attiré de nombreux combattants étrangers et redonné du souffle à Al-Qaeda. Mais jamais ils n’ont été aussi nombreux qu’en Syrie, notamment en ce qui concerne les Occidentaux.

Y a-t-il de nombreux Français ?

Oui et leur nombre augmente. Entre le début des années 90 et 2011 quelque 175 Français ont fait le jihad sur différents théâtres d’opération et ont fait l’objet d’un traitement judiciaire à leur retour en France. Ce chiffre n’inclut ni les morts, ni ceux qui ont décidé de rester sur place, ni ceux qui sont passés sous le radar de la justice. De 2011 à aujourd’hui, on estime à environ 700 le nombre de Français impliqués dans le jihad en Syrie. Le mouvement s’amplifie en outre depuis le discours, en juin, du prêcheur vedette d’Al-Jezira, Youssef al-Qaradawi,

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