Plus une place de libre au Théâtre Magyar, l'une des scènes de la capitale hongroise. Près de 700 seniors et retraités occupent les fauteuils de velours rouge pour assister à une matinée particulière : un meeting de précampagne du Fidesz (Jeunes démocrates), le parti de droite populiste du Premier ministre, Viktor Orbán. A moins de deux mois des législatives du 6 avril, 119 forums sont organisés dans tout le pays, avec pour objectif de mobiliser les têtes blanches, noyau dur de l'électorat d'Orbán, pour en faire la «force de vente» du parti. Les discours, sur fond de présentation Powerpoint, martèlent un thème unique : les prix de l'énergie. L'an dernier, le gouvernement a obligé les distributeurs à réduire de 20% le prix du gaz et de l'électricité. Cela fait des mois qu'il se félicite de son succès dans une campagne publicitaire payée avec les deniers de l'Etat : «La Hongrie fait mieux que les autres : - 20% ! Continuons.»
Dans la salle, István Nagy Tóth, architecte de 59 ans, est flatté d'avoir été invité à l'événement par une lettre d'Orbán en personne. «Cher ami, c'est grâce à votre soutien que nous avons imposé une réduction de 20% des prix du gaz et de l'électricité», dit la missive. Mais les distributeurs étrangers et les banques s'efforceraient de faire annuler cette baisse en utilisant leurs contacts hongrois et internationaux. Autrement dit, ils comploteraient pour que l'opposition batte Orbán aux élections… «C'est pour cela que nous a




