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Erdogan pris en flagrant délit de censure

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Des extraits de conversations entre le Premier ministre turc et un responsable d’un groupe médiatique circulent sur le Web.

ParRagip Duran
correspondant à Istanbul
Publié le 19/02/2014 à 18h06

Ces échanges téléphoniques ont stupéfait nombre de Turcs, pourtant blasés en matière de censure sur les médias et alors même que le pouvoir met Internet sous contrôle : «Allô, Fatih ? Est-ce que tu regardes la télévision Haberturk ? Le sous-titre, tu le lis ? Il nous insulte… Il faut faire le nécessaire, Fatih, compris ?» «Bien sûr, monsieur le Premier ministre.» C'était le 4 juin. Recep Tayyip Erdogan, en visite au Maroc, regarde la télévision Haberturk et explose de colère en lisant une déclaration très critique, défilant à l'écran, de Devlet Bahçeli, le leader du Parti d'action nationaliste (MHP, extrême droite). Le patron de l'AKP, au pouvoir depuis novembre 2002, appelle aussitôt Fatih Saraç, son homme de main parachuté au conseil d'administration de Haberturk, une chaîne de télévision appartenant au groupe Ciner, très actif dans les secteurs des mines et de l'énergie.

Les bandes sonores d'au moins cinq autres conversations téléphoniques du même acabit entre le Premier ministre, ses conseillers et Fatih Altayli, directeur de la chaîne, ont été diffusées la semaine passée sur le Web par un internaute surnommé «Haramzadeler». Derrière ce pseudonyme se cache probablement un groupe proche de la confrérie de Fethullah Gülen (lire Libération du 1er février),très bien implantée au sein de la police, surtout dans le renseignement et les écoute

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