Pour tenter de conjurer le pire ils sont venus à trois, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier, le Polonais Radoslaw Sikorski, ministres des Affaires étrangères de leur pays respectif et tous les trois parfaitement conscients que «la donne a changé avec les scènes de guerre aux portes de l'UE», comme on le reconnaît au Quai d'Orsay.
Cette troïka représente peu ou prou la palette des positions européennes dans la crise ukrainienne. Partisan convaincu d'une ligne très ferme face au régime ukrainien et en faveur de sanctions, le Polonais est désormais soutenu par le ministre français, mais aussi par son homologue allemand, resté longtemps beaucoup plus prudent. Ce voyage de la dernière chance, brève visite matinale avant la réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles, était destiné d'après un diplomate français «à donner un message clair» au président ukrainien sur le caractère «inadmissible et inacceptable» de la répression, selon les mots employés la veille par François Hollande.
Démunie. Après avoir rencontré, jeudi à l'aube, une délégation de l'opposition pendant une heure à l'ambassade allemande, ils ont ensuite rencontré le président ukrainien. «Ce qui devait être un bref entretien s'est transformé en une discussion qui a duré six heures et qui a touché les questions de fond», explique un membre de la délégation. Les tractations pour une feuille de route et un cal




