Il aurait fallu s’y atteler plus tôt. C’est il y a près de dix ans, dès la révolution orange, que l’Union européenne aurait dû presser la Russie d’ouvrir de nouvelles négociations sur la coopération et la stabilité en Europe. Peut-être aurait-on pu éviter ainsi la crise géorgienne de 2008 et le sanglant chaos de la semaine dernière en Ukraine mais, bon… Cela ne s’est pas fait et rien ne sert de s’y attarder, sauf pour constater que ce n’est pas d’aujourd’hui que date la question de ces anciennes Républiques soviétiques qui aspirent à s’arrimer à l’Union tandis que la Russie ne renonce pas à les ancrer dans son aire d’influence. Le problème s’était posé dès le début des années 90, lorsque Moscou avait défini ces nouveaux Etats indépendants comme son «étranger proche». Il n’a pas cessé, depuis, de hanter l’Europe, le continent Europe et, si l’on continue de l’ignorer, si l’on ne s’y attaque pas frontalement, cartes sur table avec la Russie, il se reposera bien vite, toujours plus dangereusement. L’Ukraine le montre bien.
La Russie paraît y avoir perdu la partie. Elle a échoué à dicter sa politique aux Ukrainiens qui ont renversé leur président trois mois après que Vladimir Poutine l’eut dissuadé de signer l’accord d’association avec l’Union. L’Ukraine réaffirme aujourd’hui sa volonté de se rapprocher des Vingt-Huit. Si désaimée dans ses frontières, l’Union en est apparue à la face du monde comme un pôle d’attraction si séduisant que des Ukrainiens se sont fait tuer sur leurs ba




