On est encore loin des 2.000 parachutistes russes que les autorités ukrainiennes ont annoncé avec outrage. Mais c'est bien une soixantaine d'hommes de troupes, en uniformes militaires, équipés d'armes automatiques, qui a occupé le centre de Simféropol, samedi 1er mars au matin. Leurs uniformes sont anonymes, et il reste difficile de les identifier avec certitude. «Oui, ce sont des soldats russes», lâche simplement un civil, membre de la milice citoyenne qui accompagnent les soldats. Lui bloque une des rues menant au Parlement. «Navré du désagrément. Mais c'est pour s'assurer de la sécurité publique. Je pense que demain dimanche, tout sera revenu à la normale.»
La veille, un convoi de véhicules militaires avait remonté la route de Sébastopol, le port où la Russie loue les installations hébergeant sa flotte de la mer noire, jusqu’à Simféropol, capitale de la République Autonome de Crimée. Au moins 20 véhicules composaient le cortège, qui avait pris du retard en raison de pannes successives de plusieurs camions. Un véhicule de transport blindé, des pick-ups avec mitrailleuse, camions contenant entre 10 et 15 soldats chacun, camions d’intendance sont passés devant la police de la route ukrainienne, impassible. Ils ont atteint Simféropol à 21 heures, heure locale. Et ont disparu pendant plusieurs heures.
Des points de contrôles au nord de la ville
Dans une ville désertée, pesée par l’attente, les nouvelles – et les rumeurs – d’un état véritable de siège se sont multipliées. L’espace aérien a été fermé. La c




