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Libération
Reportage

«Oui, ce sont des soldats russes»

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Notre envoyé spécial à Simferopol a suivi l'arrivée des troupes armées et décrit l'atmosphère inquiétante qui pèse sur la capitale de la Crimée.

Devant le parlement régional de Crimée, des hommes en faction non identifiés, mais très certainement russes. (© David Mdzinarishvili / Reuters)
ParSébastien Gobert
Correspondant à Kiev
Publié le 01/03/2014 à 16h48

On est encore loin des 2.000 parachutistes russes que les autorités ukrainiennes ont annoncé avec outrage. Mais c'est bien une soixantaine d'hommes de troupes, en uniformes militaires, équipés d'armes automatiques, qui a occupé le centre de Simféropol, samedi 1er mars au matin. Leurs uniformes sont anonymes, et il reste difficile de les identifier avec certitude. «Oui, ce sont des soldats russes», lâche simplement un civil, membre de la milice citoyenne qui accompagnent les soldats. Lui bloque une des rues menant au Parlement. «Navré du désagrément. Mais c'est pour s'assurer de la sécurité publique. Je pense que demain dimanche, tout sera revenu à la normale.»

La veille, un convoi de véhicules militaires avait remonté la route de Sébastopol, le port où la Russie loue les installations hébergeant sa flotte de la mer noire, jusqu’à Simféropol, capitale de la République Autonome de Crimée. Au moins 20 véhicules composaient le cortège, qui avait pris du retard en raison de pannes successives de plusieurs camions. Un véhicule de transport blindé, des pick-ups avec mitrailleuse, camions contenant entre 10 et 15 soldats chacun, camions d’intendance sont passés devant la police de la route ukrainienne, impassible. Ils ont atteint Simféropol à 21 heures, heure locale. Et ont disparu pendant plusieurs heures.

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