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Libération
Reportage

A Sébastopol, «nous n’avons jamais vraiment fait partie de l’Ukraine»

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La ville de Crimée, passée sans affrontement sous contrôle russe, semble afficher son soutien à sa tutelle historique, Moscou.

Sur une base militaire ukrainienne proche de Perevalne, à 20km au sud de Simferopol, le 2 mars 2014. (Photo AFP)
ParSébastien Gobert
Envoyé spécial à Sébastopol
Publié le 02/03/2014 à 21h26

«Là où nous sommes, c'est la Russie.» Le message se veut clair. L'inscription figurant sur le poste de contrôle établi par un comité de sécurité, à l'entrée du territoire autonome de la municipalité de Sébastopol, marquerait la nouvelle frontière de la Fédération de Russie. Des militants reconnaissables à leur ruban orange et noir, un symbole patriotique russe, y opèrent un contrôle rapide de chaque véhicule se dirigeant vers la ville. «La situation peut devenir dangereuse à tout moment, nous préférons prévenir que guérir», affirme un garde.

Aucun équipement militaire n’est visible. Mais les anciens casques de l’armée rouge soviétique, les boucliers de forces antiémeute et les lignes successives de barrages renforcent l’impression d’une défense bien pensée.

«Drapeaux». Une fois passé le barrage, la descente sur Sébastopol se fait sans encombre. Au loin apparaissent la mer Noire et les premiers navires de guerre des flottes ukrainiennes et russes. Les drapeaux russes flottant sur les élégants bâtiments du centre-ville n'étonnent pas. Malgré la dissolution de l'Union soviétique et l'indépendance de l'Ukraine, en 1991, la ville de Sébastopol héberge toujours la flotte russe de la mer Noire. Environ 15 000 soldats et employés administratifs de l'armée fédérale y résident, et de nombreux bâtiments, casernes, entrepôts et bureaux sont loués par Moscou. Le nombre de drapeaux russes a néanmoins augmenté ces derniers jours. «A

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