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décryptage

Poutine : la Crimée avec préméditation

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L’option militaire choisie par le Kremlin pour garder l’Ukraine dans l’orbite russe déstabilise les Occidentaux mais pourrait coûter cher à Moscou.

Des militaires, probablement russes, à Perevalnoye, en Crimée, lundi. (Photo Baz Ratner. Reuters)
Publié le 03/03/2014 à 21h46

Jusqu'où Poutine peut-il aller en Ukraine sans nuire aux intérêts de son propre pays, la Russie ? La question n'est pas que d'ordre rhétorique. La monnaie russe, le rouble, et les marchés s'écroulent (lire page 5). Par ricochet, les entreprises internationales qui travaillent avec la Russie subissent des pertes. Une semaine d'intervention militaire déguisée en Crimée, sans le moindre coup de feu, risque de coûter à la Russie le siège au G8 qu'elle avait mis des années à arracher. «Il y aura des conséquences et un prix à payer», a averti hier le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague. Poutine serait-il soudainement devenu irrationnel ou a-t-il au contraire un coup d'avance ? C'est la question qui agite les chancelleries, lesquelles, prises de court, n'ont pas encore trouvé la parade susceptible de sauver l'Ukraine.

Que cherche Poutine exactement ?

Punir Kiev d'avoir choisi l'Europe contre Moscou, dépecer l'Ukraine, ou tout simplement l'affaiblir en se limitant au pion criméen : apparemment le président russe a plusieurs fers aux feux. Au départ, l'homme avait voulu convaincre Kiev d'abandonner le projet d'association avec l'Union européenne pour se tourner vers son projet à lui, l'Union eurasienne. Il s'agit d'une reconstruction fantasmagorique de la puissance russe, dont le point de départ est l'union douanière de la Russie avec la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Arménie. Un projet qui, en incluant l'Ukraine, ramènerait M

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