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Libération
Reportage

A Kiev, l’armée part à la pêche aux mobilisables

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En prévision de possibles combats avec les troupes russes, les bureaux de recrutement tentent de mettre à jour les fichiers d’anciens soldats ukrainiens.

ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Kiev
Publié le 06/03/2014 à 21h56

Dans la cité-dortoir de Dniprovski, un faubourg périphérique de Kiev où se mêlent constructions soviétiques et immeubles modernes, le bureau de recrutement de l’armée semble sortir de sa torpeur. Tous les jours, depuis le week-end dernier, lorsque la Russie a pratiquement envahi une Crimée qu’elle menace depuis hier d’annexer, des jeunes et des moins jeunes viennent s’inscrire pour combattre, si nécessaire, cet encombrant voisin.

A 38 ans, et malgré ses obligations familiales, Konstantin Edamenko a laissé tomber son poste dans la sécurité informatique d'une entreprise de transport pour s'enrôler comme volontaire. C'est lui qui pilote les nouveaux venus, renvoie chez eux ceux qui ont dépassé la limite d'âge (40 ans pour les soldats, 55 ans pour les officiers, et plus pour les officiers supérieurs) et inscrit les coordonnées des mobilisables. «Je suis venu parce que le pays est en danger», dit-il. Cet homme qui se définit comme un opposant au président destitué Viktor Ianoukovitch, mais sans affiliation partisane, affirme avoir «toujours senti que la Russie était un ennemi potentiel».

«Beaux parleurs». La veille, Viktor Bondarenko, un sous-officier retraité de 57 ans, n'avait pas été pris, ce qui ne l'empêche pas de retenter sa chance. Il n'a rien contre la Russie - son père y est né, sa mère est ukrainienne, et son frère a pris la nationalité russe -, mais il s'est fâché tout rouge quand les membres russophones de sa famil

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