Le bras de fer entre les Occidentaux et le Kremlin se durcit après la demande du Parlement de Crimée, péninsule ukrainienne occupée par les forces de Moscou, d'être directement rattachée à la Russie. Elle est venue rappeler aux dures réalités de l'intransigeance du Kremlin les chefs d'Etat et de gouvernements de l'Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles pour trouver «une sortie de crise» sur l'Ukraine.
Est-ce un tournant dans la crise ?
La requête des élus de Crimée, assortie d'un référendum le 16 mars au résultat couru d'avance dans cette région autonome où 60% de la population est russe, change la donne même si le Kremlin, qui a «examiné» hier la demande, n'a pas encore donné sa réponse. «Il n'y a pas eu en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale d'annexion du territoire d'un Etat par un autre Etat, même si avec la protection de Moscou, se sont créées des républiques autoproclamées comme l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie aux dépens de la Géorgie, ou la Transnistrie aux dépens de la Moldavie», relève François Heisbourg, conseilleur spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique, soulignant que «si Moscou allait jusqu'au bout de cette logique cela représenterait un véritable bouleversement de l'équilibre instauré en 1945» et que «la crédibilité même de l'Occident en matière stratégique est aujourd'hui en jeu».
Les Européens sont désormais au pied du mur. «Le moment c




