La petite ville de Bakhchisarai semble abandonnée, ce dimanche 2 mars. Dans les rues escarpées de la capitale culturelle des Tatars de Crimée, aucune barricade n'est érigée, aucune patrouille ne s'assure de la tranquillité des habitants. «Ici, personne ne veut faire quoi que ce soit qui puisse être considéré comme une provocation. Nous vivons bien avec les Russes, mais l'équilibre est précaire», assure Refat, 24 ans, attablé dans l'un des rares bars ouvert du centre-ville. «La situation est dangereuse, je sais… Mais croyez-moi, s'ils nous cherchent, ils vont nous trouver.»
Dans le contexte tendu de la prise de contrôle de la Crimée par des forces militaires russes, certains villages de la péninsule, à majorité tatare musulmane, ont organisé des comités d’autodéfense et des patrouilles nocturnes. A Bakhchisarai, rien ou presque. L’ancien palais du Khan, héritage d’un passé prestigieux, ou les mosquées flambant neuves ne sont pas protégés. Et pourtant : à une dizaine de kilomètres, un barrage marque l’entrée du territoire autonome de Sébastopol, gardé par des policiers et des milices citoyennes, dont les membres réclament ouvertement leur rattachement à la Fédération de Russie.
Déportation. «Les Tatars de Crimée gardent un très mauvais souvenir de l'époque russe et soviétique. Notre situation actuelle n'est déjà pas très favorable, nous savons que nous serions les grands perdants d'une annexion par la Russie», expl




