Que faire des super-riches qui, depuis vingt ans, tirent les ficelles de la politique ukrainienne ? Faut-il les combattre ou les associer ? A l’issue d’une révolution populaire, on s’attendait à ce que la question fasse largement débat. D’autant que leur influence n’a rien à voir avec celle qu’ont les patrons en France, par exemple. Quand on parle d’oligarques en Ukraine, il s’agit d’une douzaine de personnes qui contrôlent 50% des richesses du pays, et plus de la moitié des députés de l’actuelle législature, selon l’analyste Guennadi Drouzenko.
Mais l'occupation russe de la Crimée et l'agitation séparatiste dans l'est de l'Ukraine ont poussé le nouveau gouvernement à choisir la solution de la coopération pour des raisons fort pragmatiques : l'Etat espère que ces hommes d'affaires seront le meilleur rempart aux ambitions de Moscou. Il a ainsi donné deux postes de gouverneurs - des régions de Donetsk et de Dnipropetrovsk - à deux figures connues de l'oligarchie : Sergueï Tarouta, 58 ans, de l'Union industrielle du Donbass (métallurgie) et Igor Kolomoïski, 51 ans (banque et métallurgie). Le premier a reçu le soutien de Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine (9 milliards d'euros de fortune personnelle) qui fut jusque récemment le protecteur du Parti des régions du président déchu Viktor Ianoukovitch. Akhmetov a même décliné ce poste de gouverneur de Donetsk mais, dans une interview à la chaine britannique ITV, jeudi, l'homme d'affaires a pris position pour l'unité du pa




