De toutes les menaces que Moscou a brandies contre l'Ukraine, il en est une dont elle hésite encore à se servir : l'arme du gaz. «Ou bien l'Ukraine règle sa dette et sa consommation actuelle, ou bien on risque de revenir à la situation de 2009», a averti sans détour vendredi le PDG du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller. Mais la Russie ne passe pas à l'acte. Deux choses la retiennent : les intérêts de son secteur énergétique et les réactions de ses clients, les pays européens situés au bout du gazoduc traversant l'Ukraine, qui risquent de se détourner d'un partenaire peu fiable et diversifier davantage leurs sources d'approvisionnement.
«Le Russie peut couper le gaz. Elle l'a déjà fait en 2006 et en en 2009, explique Mikhaïl Gontchar, président du Centre d'études stratégiques globales, ex-membre du Conseil de sécurité de l'Ukraine. Mais elle soupèse encore les conséquences. Les actions de Gazprom chuteront immédiatement. Et puis, que va-t-elle faire de tout son gaz ? Elle pourra en stocker une partie, le reste, elle devra le brûler.» Car la Russie a besoin de ses recettes gazières et n'a pas d'autre débouché pour son gaz que l'Europe - la Chine ayant préféré s'adresser à des sources multiples plutôt que de se placer en situation de dépendance.
Dette. Pendant qu'il se tâte encore sur les mesures à prendre, le géant gazier russe a déjà annoncé qu'il mettra fin, en avril, au rabais consenti en décembre. Cette




