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Libération
Reportage

«Pas besoin de bourrer les urnes»

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A la veille du référendum sur le rattachement à la Russie, dimanche, Simferopol, capitale d’une Crimée russophile, accepte déjà le résultat d’un scrutin verrouillé par Moscou.

ParSébastien Gobert
Envoyé spécial à Simferopol
Publié le 14/03/2014 à 20h46

Un sourire radieux aux lèvres, engoncée dans sa robe de mariée et sa main accrochée à celle de Pavel, son fiancé, Iryna semble toute parée à célébrer «les deux jours les plus beaux de sa vie» : «Nous allons faire la fête tout le samedi, et quand nous nous réveillerons le dimanche, nous irons voter, et nous recommencerons à faire la fête, car je ne doute pas une seule seconde du résultat ! Vous vous imaginez ? Notre mariage commencera en même temps que la Crimée russe, quel symbole !»

Simferopol est couvert d'affiches invitant «tout le monde au référendum criméen», et de graffitis remerciant la Russie de sa protection. Les drapeaux russes flottent sur les bâtiments officiels. Une statue de Lénine trône au centre de la place avec une petite pancarte clamant : «On ne pas touche à notre Vojda [surnom de Lénine, ndlr]

«Les gens d'ici, notamment les retraités, ne veulent pas forcément rejoindre la Russie, mais plutôt retrouver ce qu'ils ont perdu avec la chute de l'URSS. Cela n'arrivera pas, il y aura énormément de déçus d'ici quelques années», soupire Alexeï , un jeune homme d'affaires «dans l'import-export», convaincu que lundi, la Crimée ne sera plus ukrainienne. «Né et élevé à Simferopol», Alexeï ne se voit pas déménager vers l'Ukraine continentale : «Je ne veux pas abandonner ma famille. Pour la région, c'est un désastre. Mais pour les Criméens, ça ne devrait pas être si mal. Mes parents rece

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