En treillis d’uniformes dépareillés, les uns tenant une batte de base-ball, les autres les mains vides, une demi-douzaine de jeunes gens - des petits, des maigres, des gros, des grands, bref, rien à voir avec le modèle du para ordinaire - font mine de s’entraîner à la défense de l’ordre public. A la porte de l’hôtel Dnipro, deux gardes vêtus de noir, reconnaissables, comme les six qui s’entraînent, à leur foulard noir et rouge frappé du nom de Pravyi Sektor («secteur droit»), contrôlent les entrées. L’organisation, qui s’est créée comme une sorte de service d’ordre quasi militarisé pendant les manifestations du Maidan, occupe désormais deux étages de ce confortable hôtel, situé à deux pas de la place de l’Indépendance. Sans payer, laisse entendre un membre terrorisé du personnel de l’hôtel déserté par les clients.
C'est au bar du lobby qu'Artem Skoropadski, le secrétaire de presse de Pravyi Sektor, ce nouveau-né de l'échiquier politique issu de la fusion de quelques groupuscules d'extrême droite, reçoit les journalistes. Pravyi Sektor, assure-t-il, n'a rien de l'épouvantail qu'en ont fait les communicants russes. «Notre objectif est la révolution nationale. Le racisme, le fascisme et l'antisémitisme ne font pas partie de notre idéologie, explique-t-il. Nous avons même exclu de nos rangs le Marteau blanc, un petit groupe de Kiev, à cause de ses déclarations racistes. Il y a parmi nous des ukrainophones et des russophones. Moi-même, je suis cito




