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Libération
Reportage

Talibans : le Panshir sans rempart

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La mort du maréchal Fahim, homme fort de la province tadjike, a plongé ses habitants dans la crainte de voir survenir jusqu’à eux la violence qui flambe dans le reste du pays.

ParNicolas Ropert
Envoyé spécial à Bazarak (vallée du Panshir)
Publié le 23/03/2014 à 20h26

Les drapeaux noirs ont été décrochés petit à petit, mais les portraits du maréchal Fahim sont toujours aussi nombreux. La mort, le 9 mars, du plus haut gradé de l’armée afghane et vice-président du pays depuis 2009 a plongé la vallée encaissée du Panshir dans le désarroi. Chef de guerre, ancien homme de confiance du commandant Massoud, Mohammed Fahim était une figure incontestée et incontestable de la province tadjike, située au nord de Kaboul, la capitale. Sa mort de maladie risque de déséquilibrer un peu plus un Afghanistan frappé par les violences à deux semaines de l’élection présidentielle. Son successeur à la vice-présidence, Younous Qanouni, devrait recevoir aujourd’hui le vote de confiance du Parlement.

Quelques kilomètres après avoir passé la barrière qui restreint l'accès à la vallée, un vieil homme apparaît le long de la route. La barbe blanche et un pakol sur la tête, Safiullah tient dans ses bras des dizaines d'affiches de Fahim, «son frère d'armes». Il oscille entre tristesse et fierté. «Nous avons fait le jihad contre les Soviétiques ensemble, j'étais l'un de ses hommes», explique le Panshiri au regard dur. Il raconte avoir fait imprimer lui-même ces portraits du maréchal afin de les distribuer pour que personne n'oublie le personnage qu'il était.

L’immense villa de Mohammed Fahim borde la rivière qui traverse la vallée. Un havre de paix et de calme dans un paysage superbe. Il faut passer un nouveau poste de contrôle et éviter quelques vaches q

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