Les affaires, oui, bien sûr. Le chômage, évidemment. L’immigration aussi, dans le Sud-Est en tout cas, mais comment ne pas voir que c’est avant tout l’état de l’Union qui explique cette spectaculaire inscription du Front national sur l’échiquier politique ? En France, comme dans le reste de l’Europe, tout pousse à la nostalgie des frontières nationales tant les politiques menées au nom de l’Europe sont indigentes et rejetées. Qu’elles soient, économiquement parlant, nécessaires ou stupides, elles sont politiquement mortifères car elles assimilent l’Union non seulement au recul du niveau de vie et de la protection sociale mais également de la démocratie puisque la majeure partie des citoyens européens ont le sentiment d’être gouvernés par une technocratie irresponsable, celle de «Bruxelles» et de la Commission.
Les institutions européennes sont tellement illisibles et méconnues que les Européens ignorent que ce ne sont pas les commissaires qui décident des politiques de l’Union mais le Conseil européen, l’assemblée des 28 chefs d’Etat et de gouvernement qu’ils élisent dans leurs pays respectifs. La Commission ne fait qu’appliquer ce que les 28 dirigeants nationaux décident. Pour changer les politiques européennes, ce n’est pas elle qui est à changer mais la composition politique du Conseil et cette répartition des pouvoirs, surtout, qui fait que c’est l’Europe des Etats et non pas le Parlement, la représentation paneuropéenne, qui fait l’essentiel des choix pour l’ensemble des




