Son pari de la polarisation à outrance a payé. Un «eux ou nous», martelé par le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan qui, au soir de son triomphe, lançait devant des milliers de partisans en liesse : «Le peuple a déjoué les plans sournois et les pièges immoraux ; ceux qui ont attaqué la Turquie ont été démentis et ils en paieront le prix.»
Devenues de fait un référendum, les élections municipales de dimanche ont donné une claire victoire à l’AKP (Parti de la justice et du développement) qui, avec 45% des suffrages, reste la première force politique du pays et améliore ses scores par rapport aux municipales de 2009 (38,5% des voix). Pour autant, le parti au pouvoir n’engrange pas des résultats aussi fracassants qu’aux législatives de 2011 (49,5% des voix). Les deux principales villes du pays, Ankara (la capitale) et surtout Istanbul (la mégalopole du Bosphore avec 15 millions d’habitants qui fut au cœur de la contestation du printemps dernier) restent aux mains de l’AKP.
«Sultan». Régnant sans partage sur ce parti qu'il a créé en 2001, celui que ses adversaires surnomment désormais «le nouveau sultan» a remporté toutes les élections depuis son arrivée au pouvoir en 2003, ainsi que deux référendums. Le pouvoir d'Erdogan n'a été ébranlé ni par les enquêtes judiciaires sur des scandales financiers impliquant de hauts dirigeants de l'AKP, des fils de ministres, mais aussi son propre fils Bilal ; ni par la




